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Suite à la polémique, liée au déchargement de la cuve d’un poids lourd dans les eaux du ruisseau qui longe la RN58, et dénoncée dans les colonnes de Nord Eclair, l’opposition a demandé à la majorité de fournir des éléments supplémentaires. La ville qui suit le dossier, se portera partie lésée dans l’affaire.

Début mars, un camionneur de la société Stadsbader était pris en flagrant délit de déchargement illicite, d’une substance noirâtre, dans le ruisseau de la RN58. Ce lundi soir, au conseil communal, les membres de l’opposition ont souhaité revenir sur le dossier qui inquiète les différents partis.

Ces derniers ont alors demandé au Collège quelles en étaient les suites. «A-t-on des nouvelles par rapport à la procédure ? La commune ne peut-elle pas se porter partie civile et demander des dédommagements ? Peut-elle engager une procédure pour des dommages et intérêts ? », a questionné le représentant MR Didier Soete.

La bourgmestre, MarieEve Desbuquoit a rappelé qu’un procès-verbal avait été rédigé, des échantillons ont également été prélevés et sont partis pour être analysés par des experts, afin de savoir si les sols et la nappe phréatique sont bel et bien pollués. « Les agents constatateurs sont venus sur place.

Le contrevenant a été auditionné. On attend les résultats des analyses, la procédure suit son cours », a indiqué la bourgmestre. Pour le conseiller MR, il est urgent d’agir. « On ne doit pas attendre le résultat des analyses pour faire quelque chose, je pense que la commune devrait se porter partie civile. On nous a déjà taxés d’avoir des décharges sauvages, on se doit donc d’avoir une position ferme pour que les entreprises comprennent qu’elles ne peuvent pas se permettre tout et n’importe quoi », a-t-il ajouté.

Le Collège a rappelé qu’il « suit la procédure ». Mais pour l’opposition, il s’agit d’anticiper : « Déposer une plainte ne coûte rien, pourquoi attendre cela fait déjà un mois », a repris Didier Soete. Et la bourgmestre de répondre. « Ce n’est pas le timing le problème. Nous sommes à l’affût de tout ce qui se passe, on suit le dossier de près. Une fois le retour des analyses, la commune se portera non pas partie civile, mais partie lésée ».

Dans une procédure pénale, la personne lésée étant celle qui a déclaré au parquet qu’elle a subi un dommage à cause d’une infraction commise par autrui. UNE DÉPOLLUTION ? Pendant le conseil, une question s’est posée. La commune ne devrait-elle pas prendre les devants et engager par anticipation une dépollution des sols ? « La procédure peut mettre du temps. Qui décidera d’une dépollution des sols ?

Pourquoi attendre et ne pas dépolluer tout de suite ? », s’interroge le conseiller Écolo Philippe Mouton. Pour la bourgmestre le dossier doit revenir entre les mains du SPW en charge de la voirie concernée. « Même si on suspecte une pollution, on doit attendre que la procédure se finalise. D’autre part, la voirie appartient au SPW, le dossier leur revient », a-t-elle souligné.

Mais pour l’opposition, « c’est le serpent qui se mord la queue. » Pour la bourgmestre, la commune « a fait son job et on continue à suivre le dossier. » Le groupe Écolo a demandé au Collège de leur fournir un tableau dressant l’état des lieux du niveau de pollution des sols : « Je voudrais qu’on puisse comparer le taux de pollution des sols d’année en année ». Un document qui devrait leur être fourni, bien que l’échevin Didier Vandeskelde s’est voulu rassurant : « Les eaux de la Lys sont bien meilleures qu’avant, la preuve, les poisons y sont revenus ». Pas sûr que l’opposition se contente de cette déclaration. -